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Sylvain Kerspern - dhistoire-et-dart.com | |
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Jacques Stella - Catalogue Paris, oeuvres datables de 1652-1654 Tables du catalogue : À Paris, dernières grandes commandes (1652-1654) Ensemble |
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| Table Stella - Table générale | ||
| À Paris, dernières grandes commandes. Oeuvres datables de 1652-1654. |
| Le détail des références bibliographiques, en labsence de lien vers louvrage consultable en ligne, peut se trouver en cliquant sur Bibliographie. |
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Salomon et la reine de Saba et Salomon sacrifiant aux idoles, peintures (Lyon) |
L'éducation de la Vierge, sanguine (Poitiers) |
Le Christ au désert, peinture (Uffizzi) |
Le repos de la Sainte famille, peinture perdue, gravure de Claudine |
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Achille à Scyros, dessin (Quimper) |
La mise au tombeau, dessin |
Nativité, peinture |
La Vierge, l'Enfant, ste Elisabeth et St Jean, gravure de Claudine Bouzonnet |
Le mariage mystique de ste Catherine, dessin (Harvard), peinture (Paris, CP) |
La Vierge, l'Enfant, ste Elisabeth et st Jean, gravure de Claudine |
Les cinq sens, peinture |
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L'enlèvement des Sabines, peinture (Princeton) et dessin (Lyon) |
L'adoration des Mages, peinture |
St Pierre soignant ste Agathe, peinture |
La dernière communion de la Madeleine, gravure de Rousselet |
Tarquin et Lucrèce, peinture |
Noli me tangere, dessin (Harvard) |
La Vierge, l'Enfant, st Jean, l'agneau et un ange, peinture |
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Suzanne et les Vieillards, peinture |
Dieu apparaissant au père de Condren, gravure de Boulanger |
Le Christ bénissant ste Thérèse, peinture |
La mort de st Joseph, peinture (Grenoble) |
Femme au plateau de fleurs, peinture ovale |
La Vierge adorant et Le Christ, Salvator Mundi, regard (Magny-lès-Hameaux), peintures |
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| PROCHAINEMENT |
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La Vierge adorant l'Enfant endormi, peinture |
La Vierge à l'Enfant bénissant, 3 peintures de Loguivy et en CP (et gravures) |
La Vierge, l'Enfant, st Jean et l'agneau, peinture (Dunedin) |
Ste famille, ste Elisabeth et st Jean, gravure par Françoise |
La Vierge, l'Enfant, ste Elisabeth et st Jean Champ-Renard, peinture disparue, gravure de Claudine |
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L'enfant Jésus endormi, peinture (Marché d'art) |
Saint Jean-Baptiste et l'agneau, peinture ou dessin gravé par Claudine Stella |
L'enfant Jésus endormi adoré par les anges, peinture (Le Mans) |
La Vierge cousant, peinture perdue et gravure de Claudine |
L'enfant Jésus endormi sur sa croix, peinture (marché d'art) |
Le mariage mystique de ste Catherine, peinture (Koller) |
| Le détail de certaines références bibliographiques, en labsence de lien vers louvrage consultable en ligne, peut se trouver dans la Bibliographie. |
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1. La sagesse de Salomon, dit aussi Salomon et la reine de Saba 2. La folie de Salomon dit aussi Salomon sacrifiant aux idoles, peintures |
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* Huiles sur toile. 98 x 142 cm.
Lyon, Musée des Beaux-Arts Historique : fonds Jacques Stella? puis Bouzonnet Stella chez qui les deux pendants doivent avoir été vus par Félibien (1688); légué à son cousin Claude Perrichon (1643-1725) en 1693-1697. Coll. part. en 1992 puis : 1. Vente Drouot Ader-Tajan 10 avril 1992, n°24; acquis par le musée avec le concours du F.R.A.M. 2. Acquis du collectionneur en 1993 par le musée avec le concours du F.R.A.M. Bibliographie : * André Félibien, Entretiens sur la vie et les ouvrages des plus excellens peintres..., Paris, 1666-1688; 2e. éd., 1688, t. II, p. 657 * (Claudine Bouzonnet Stella) «Testament et inventaire (...) de Claudine Bouzonnet Stella», publiés par J-J. Guiffrey, Nouvelles archives de lArt Français, 1877, p. 25 * Edmond Bonnaffé, Dictionnaire des amateurs français au XVIIe siècle, Paris, 1884, p. 248-249 * J. Roman, Le Livre de Raison du peintre Hyacinthe Rigaud, Paris, 1919, p. 16, 64, 100, 104. * Gilles Chomer in catalogue de l'exposition Autour de Poussin, Louvre, 1994, p. 104-106, cat. 27-28. * Sylvain Kerspern in catalogue de l'exposition Bossuet, miroir du Grand Siècle, Meaux, Musée Bossuet, 2004, p. 104-105. * Sylvain Laveissière in cat. expo. Jacques Stella, Lyon-Toulouse 2006, notamment p. 184-187 cat.108-109 * Jacques Thuillier, cat. expo. Jacques Stella, Nancy, 2006 , p. 102-105 * Sylvain Kerspern, Lexposition Jacques Stella à Lyon : enjeux et commentaires, La tribune de lart, mise en ligne le 29 décembre 2006. |
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Ces tableaux en pendants, restés dans le fond d'atelier, sont légués à un cousin de Lyon, Claude Perrichon, petit fils de Marie de Masso, sœur de Claudine, la mère de Jacques baptisée le 10 septembre 1583. Mariée à Benoist Perrichon, maroquinier de Lyon, Marie avait donné naissance à un enfant prénommé Pierre en 1605, lequel se marie le 11 novembre 1639 avec Marie Mercier d'où naissent Claude (1643-1725) puis Pierre (1645-1721), autre cousin légataire de Claudine Bouzonnet Stella en 1697. Claude fut directeur de la douane de la ville de Lyon. Ni l'un ni l'autre ne peuvent être le Perochon commanditaire de peintures de Dufresnoy (1611-1668) citées par Félibien et Bonnaffé (1884), l'artiste quittant les pinceaux alors qu'ils n'ont guère plus de vingt ans. Enfin, Hyacinthe Rigaud aura portraituré un Perrichon trois fois, la première fois en 1688 avec son épouse, puis seul en 1698 et en 1703 selon son « Livre de raison ». J. Roman, qui publie le document, l'identifie avec le seul Pierre Perrichon apparemment en raison de son rôle d'échevin député pour la ville de Lyon; à moins qu'il n'ignore l'existence de Claude. |
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La Libéralité de Titus. Toile, détail. Cambridge, Fogg Art Museum |
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La conservation de nos deux tableaux dans le fonds d'atelier suggère qu'ils aient été réalisés au soir de sa vie mais sans certitude ni situation précise. Au demeurant, Jacques Thuillier envisageait une datation bien plus précoce en le cataloguant non loin de la Libéralité de Titus du Fogg Art Museum, la rapprochant notamment par le thème de la danse du Salomon sacrifiant aux idoles. Toutefois, Stella a traité le thème de la danse tout au long de sa vie, de celle d'enfants nus à Florence aux Pastorales, et la confrontation ci-dessus me semble surtout souligner dans notre pendant un sentiment du drapé plus fouillé et une puissance du canon qui tranchent. L'exposition Richelieu à Richelieu et le témoignage de Saint-Aignan évoqué ici sur la contribution de Desruet concourrent à soutenir une situation dans les derniers mois de l'existence du cardinal pour le tableau du Fogg destiné au château du Poitou, en 1641-1642.
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(Ci-contre) Sainte Hélène faisant transporter la Vraie Croix, 1646. Toile, détail. Perdu? |
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Claudine Bouzonnet Stella, Les noces de Cana, 1658. Dessin. 21,6 x 29,5 cm. Paris, ENSBA. |
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La Vierge donnant la bouillie, 1651. Toile. Diam. 71,5 cm. Galerie Éric Coatalem en 2013. |
Le repas champêtre, Pastorale 3. Toile, détail. Coll. part. |
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Sans remettre en cause le statut de pendants, Jacques Thuillier (2006) s'est demandé si les deux tableaux ont été menés de front ou entrepris l'un après l'autre, ce que pourrait justifier le contraste entre une image de solennité diurne et ce qui ressemble à une bacchanale nocturne. Bon Boullogne, en les expertisant, fut apparemment plus impressionné par la seconde, la prisant à 300 livres contre 200 pour l'autre. L'inventaire auquel il contribue ne les envisage d'ailleurs pas immédiatement à la suite l'un de l'autre mais, à distance, suggère une association en nommant l'un La folie de Salomon, l'autre La sagesse de Salomon; Claudine, elle, les mentionne en tête de celui de son testament, en n°1 et 2 et sous des titres plus conventionnels. |
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En envisageant un rapprochement chronologique non loin de la Libéralité de Titus de Cambridge, Jacques Thuillier se refusait à faire du Jugement de Salomon de Nicolas Poussin, peint en 1649, un tableau de référence pour son ami. Le situer aujourd'hui dans les années 1650 doit-il conduire à le convoquer à nouveau? Certainement pas, car Stella s'inspire ici beaucoup plus d'un ouvrage sur ce sujet peint quinze ou vingt ans plus tôt... par lui-même.
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Nicolas Poussin, Le jugement de Salomon, 1649. Toile. 101 x 150 cm. Louvre |
Jacques Stella, Le jugement de Salomon. Toile. 112 x 161 cm. Vienne, Kunsthistorisches Museum |
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Sylvain Laveissière (2006) mentionne la lettre de Marc Gabolde à Gilles Chomer donnant pour source de certains ornements la Mensa Isiaca du musée de Turin. On la trouve dans l'ouvrage de Herwart, Thesaurus Hieroglyphicum publié à Francfort en 1610, qui figure encore parmi les livres de la succession de sa nièce. La confrontation ci-contre permet de voir que Stella ne s'est vraisemblablement pas contenté de copier un motif mais a combiné deux cartouches, l'un avec un Khonsou (?) couché venant remplacer dans la barque de l'autre l'animal bicéphale et ce qui l'accompagne. Connaissait-il l'association de Khonsou avec la lune, justifiant le globe qu'il porte sur sa tête autant que le croissant apparaissant à la fenêtre au-dessus du fronton triangulaire? |
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Gravure pour J.G. Herwart, Thesaurus Hieroglyphicum..., Francfort, 1610. N. B. of Scotland. En plus clair, les cartouches combinés par Stella pour l'ornement au départ de la voûte au-dessus de l'autel (à droite). |
Jacques Stella, Salomon adorant les idoles. Toile, détail. Lyon, Musée des Beaux-Arts |
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Quelle divinité trônant à tête bovine, arc et flèches, est honorée par le vieux Salomon? Le contexte « égyptien » favoriserait l'identification avec Apis quand le texte biblique (1 Rois 11.5-7, 33) évoque Kemosh ou Moloch.
Quoiqu'il en soit, l'intention érudite est manifeste voire démonstrative. Sans écarter une éventuelle commande avortée dans le contexte de la Fronde, source de tant de disgrâces, on peut se demander à nouveau s'il ne s'agit pas de proposer aux Bouzonnet des modèles médités pinceau en main. Les rapprochements faits - y compris ceux avec le Jugement de Salomon - amènent aussi à pointer les différences signifiantes dans les deux cortèges.
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Quel sens donner à cette mise en pendant? L'association n'est pas rare. Un Rombout van Troyen peint les deux sujets en un seul panneau en 1640 (Remiremont, Musée Charles de Bruyères). Donato Creti (1671-1749) reprendra à Bologne pour le cardinal Ruffo la distribution en deux grands tableaux (Clermont-Ferrand, musée d'art Roger-Quillot). La lecture courante fait de la venue de la reine de Saba la reconnaissance de la sagesse du roi, à son apogée, et de la scène d'idôlatrie sa décadence. Gilles Chomer (1994) et surtout Sylvain Laveissière (2006) ont mis en évidence la situation diurne, voire matinale, du premier épisode, nocturne du second, comme écho de leur place dans la vie de Salomon. Pour autant, est-ce que la lecture globale se fait bien selon cet ordre? La lumière, la circulation et certains détails précis pourraient nous aiguiller sur ce point.
S.K., Melun, septembre 2023 |
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L'éducation de la Vierge, sanguine |
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Sanguine (et rehauts de blanc?). 32,4 x 25,9 cm. Marque du musée en bas à droite. Poitiers, musée Sainte-Croix.
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Pendant longtemps, la technique graphique de Stella fut principalement connue par ses travaux à la plume et au pinceau, au point que la présence d'une sanguine tenue par Stella dans son portrait de Lyon a pu poser question. D'assez nombreux exemples de crayons, graphite ou sanguine, sont apparu depuis quelque temps, et il revient à Nicolas Milovanovic, selon le site Alienor.org, d'avoir rapproché notre Éducation de la Vierge de Poitiers de l'art du Lyonnais. Je n'ai pas encore vu la feuille, aussi resterai-je prudent; pour autant la technique me semble remarquablement soignée et je crois déceler des rehauts de blanc modulant les drapés dont les descriptions ne disent rien, ce qui irait à l'encontre de l'idée d'une contre-épreuve que l'historien d'art aurait émise. Le rapprochement avec le dessin de la Vierge de Dijon, liée à une peinture de 1647, montre un soin tout à fait comparable, notamment dans le travail de hachures pour le clair-obscur du mur. Stella peut avoir privilégié ce médium dans le cadre de la formation des neveux et nièces, pour l'inversion que permet la contre-épreuve utile pour préparer une gravure.
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La Vierge en adoration, 1647. Sanguine. 34,5 x 20,5 cm. Dijon, Musée des Beaux-Arts |
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Sainte famille aux langes et à la bouillie. Huile sur cuivre. 45 x 35 cm. Toulouse, Musée des Augustins Le Christ et la Samaritaine. Toile. 335 x 224 cm. |
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Pierre Drevet d'après Jean Jouvenet L'éducation de la Vierge. Gravure. 46 x 34 cm. Braunschweig, Herzog A.U. Museum |
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S.K., Melun, juin 2023 |
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Le Christ au désert servi par les anges,peinture (Uffizzi) |
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Huile sur toile. 111 x 158 cm. Florence, Offices. Historique : fonds Jacques Stella? puis Bouzonnet Stella légué à son cousin Pierre Perrichon (1645-1721) en 1693-1697 (n°5, ca. 130 x 162,5 cm.). Collection Richard, peintre résident à Lyon, sa vente le 26 janvier 1786, lot 33 (« Jésus-Christ au Jardin des Olives, adoré et servi par des anges. Un beau paysage sert de fond à ce tableau (...). Hauteur 40 pouces, largeur 60. T. »); acquis par Jean-Baptiste-Pierre Lebrun selon le catalogue de la Frick Library, sans doute pour Joseph-Hyacinthe-François-de-Paule de Rigaud, comte de Vaudreuil (1740-1817); mentionné dans son hôtel parisien par Thiery (1787, p. 544; dans la chambre à coucher du côté de la porte d'entrée); sa vente le 26 novembre 1787, lot 33, acquis 600 livres par Le Brun, expert de la vente, selon l'exemplaire de l'Inha (« ... onze figures. ... Hauteur 40 pouces, largeur 58 pouces. T. »). Collection du baron Nicolas-Joseph Marcassus de Puymaurin (1718-1791), sa vente Paris 8 mai 1792, lot 19 (« ... onze figures représentation Jésus-Christ dans le désert, servi par des anges, dont plusieurs portent des guirlandes de fleurs, à gauche du tableau est notre Seigneur, les yeux élevés vers le ciel et assis près d'une table où sont des fruits de différentes espèces : on voit encore à gauche quelques arbres. » 40 x 58 pouces, soit ca. 108 x 157 cm.); acquis par F. Favi pour le duc de Toscane, entré aux musée des Offices le 4 décembre 1793. |
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Bibliographie :
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Il est possible de compléter l'historique jusqu'ici connu du tableau des Offices. Il est d'abord légué au cousin Pierre Perrichon, notaire et échevin de Lyon, dont Edmond Bonnafé (1884) nous indique qu'il s'est fait représenté avec sa famille par Jean-Baptiste Santerre en un portrait allégorique des Cinq sens. Nous avons vu, à propos des pendants sur l'histoire de Salomon du musée de Lyon, que Roman (1919) en fait le modèle des trois portraits par Rigaud d'un dénommé Perrichon, pour lesquels on ne peut tout à fait écarter que l'un d'eux ne représente plutôt son frère Claude. La peinture doit rester à Lyon presque tout le siècle avant qu'un peintre de Lyon du nom de Richard ne le propose à la vente à Paris le 26 janvier 1786; malgré une curieuse erreur de titre (« Jésus-Christ au Jardin des Olives »), la description et les dimensions (adoré et servi par des anges. Un beau paysage sert de fond à ce tableau... Hauteur 40 pouces, largeur 60) ne laisse guère place au doute. Il pourrait s'agir de Nicolas-Gervais Richard, peintre figurant sur la Liste des citoyens éligibles aux places municipales de la ville de Lyon publiée à Lyon en 1790. Le tableau est acquis par l'expert et marchand Lebrun, sans doute pour le comte de Vaudreuil, chez qui on le retrouve l'année suivante décrit par Thiéry (1787) dans la chambre à coucher de son hôtel parisien. À la vente de sa collection le 26 novembre 1787, il est à nouveau acquis par Lebrun. C'est dans la vente après décès de la collection du baron de Puymaurin le 8 mai 1792 qu'on le retrouve, et vraisemblablement là que Francesco Favi en fait l'acquisition pour Cosme III, duc de Toscane. Il entre aux Offices en décembre 1793 et, après quelques vicissitudes précisées par Sylvain Laveissière (2006), y demeure encore aujourd'hui. |
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La méprise du catalogue de la vente Richard, en 1786, qui y voit un Christ au Jardin des oliviers vient vraisemblablement d'un regard précipité remarquant la coupe apportée par l'un des anges debout et la présence de ronces préludant à la couronne d'épines, au tout premier plan. La corbeille de fruit présenté par l'ange agenouillé, tout aussi symbolique, ne laisse aucun doute sur le fait qu'il s'agisse de l'épisode qui conclut les tentations du Christ dans sa solitude de quarante jours, modèles d'épreuves à surmonter pour le fidèle. Stella pouvait y voir une équivalence avec tant des Repos de la Sainte Famille peuplés d'anges et d'angelots peints jusqu'ici, dont il donne un exemple - peut-être royal - dans le tableau du Prado en 1652 (ci-contre à droite), qui propose des personnages au canon voisin installé dans un paysage d'esprit comparable. De cette même année, Le Christ et la Samaritaine (ci-contre à gauche) montre une palette chromatique proche par l'association du bleu et du rose et une science du drapé, ici dense, là fin sinon transparent, mais toujours fouillé et sculptural, propre à la période.
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(Ci-dessus) Repos de la Sainte Famille, 1652. Toile. 74 x 99 cm. Prado (Ci-contre) |
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Le Christ au désert servi par ls anges. Toile. 84,6 x 115 cm. Portland Art Museum. |
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La version de Portland insistait sur sa solitude, voire sa détresse incommunicable aux anges mêmes. Celle des Offices donne à la population angélique la mission de commenter tout à la fois le triomphe sur la tentation et la douloureuse perspective qu'elle ouvre. Elle est à la fois plus didactique et source de réconfort auprès d'une population que Stella a volontiers répandu dans ses ouvrages, au risque d'une réputation de privilégier les sujets enjoués. L'étude approfondie d'un tel tableau, incontestable chef-d'œuvre, montre qu'ils participent d'un sens de la méditation spirituelle très poussé, non sans gravité, sous couvert de conventions subtilement réinventées. Pas plus que Poussin et nombre d'artistes de son temps, l'art de Stella ne se livre au premier regard. S.K., Melun, septembre 2023 |
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Le repos pendant la fuite en Égypte, peinture perdue, et gravure de Claudine Bouzonnet Stella
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Peinture perdue. 2 pieds sur 3, soit ca. 65 x 97,5 cm.
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Bibliographie :
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La gravure de Claudine figure parmi celles falsifiées par Pierre Demasso
pour faire passer l'invention de Stella à Nicolas Poussin. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai proposé d'en rapprocher une peinture que la nièce a légué à Guillaume de Masso dans l'étude en ligne sur leur famille publiée en 2021. La toile se trouve peut-être encore en Angleterre...
S.K., Melun, septembre 2023 |
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(Ci-dessus) Le repos de la Sainte famille, 1652. Toile. 74 x 99 cm. Prado. (Ci-contre) |
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L'adoration des bergers, (Nativité Bonaparte) peinture (Lyon Musée des Beaux-Arts) dessin préparatoire (coll. part.) et gravures de Luigi Fabri (c. 1778-ap.1835) et Marie-Pauline Soyer (1786-1871) |
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Peinture non localisée. Toile. 97 x 143 cm (selon G. Chomer 2003); 104 x 153 cm selon la documentation du musée.
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Retouche, janvier 2025 |
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Le tableau a été acquis par le musée des Beaux-Arts de Lyon en 2022. La reproduction ci-contre, la seule dont je dispose à ce jour, confirme l'effet de nuit sans vraiment permettre de l'apprécier pleinement. Je n'ai pas encore eu l'opportunité de le voir, le tableau étant en réserve, peut-être en attente d'une restauration. La photographie incite tout de même à des remarques supplémentaires. |
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La nativité. Toile, 104 x 153 cm. Lyon, Musée des Beaux-Arts. |
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Retouche, juin 2025 |
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Le tableau a depuis été restauré, révélant une signature et une date incontestables qui conduisent à remonter de deux ans la situation que j'avais envisagée sur la base du style. La notice se trouve donc désormais dans la section des ouvrages datés de la Fronde (1649-1651). |
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La nativité, 1650. Toile, détail de la signature. Lyon, Musée des Beaux-Arts. |
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S.K., Melun, juin 2025 |
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Achille à Scyros ou Achille parmi les filles de Lycomèdes, dessins |
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1. Sanguine. 15,5 x 20,5 cm. Annoté (par Silguy?) à la plume en bas à gauche Stella. Quimper, Musée des Beaux-Arts, Inv. 873-2-4.
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3. « Atelier Stella »
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3. Plume, encre brune et lavis gris. 9,6 x 14,4 cm. Au verso, La Vierge, l'Enfant, sainte Élisabeth et le petit Saint Jean, fragment de composition (d'après Poussin? Stella?) et diverses annotations. Jadis Londres, coll. A.C.H. Dunlop.
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Une composition montrant Ulysse découvrant Achille parmi les filles de Lycomède par Stella est documentée par la sanguine de Quimper mais aussi un petit croquis étudiant la péripétie avec deux enfants et une autre feuille coupée reprenant le reste de la composition avec quelques variantes, dont il est difficile de dire, aujourd'hui, s'il s'agit bien d'un travail de Jacques ou bien, comme je l'ai avancé en 1989, une copie faite par le neveu dans le cadre de sa très longue formation. La situation dans la chronologie se fera ici à partir du dessin breton, complet, à l'examen aisé et de haute qualité.
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Le jugement de Pâris, 1650 Plume et encre brune, lavis d'indigo.. 19,2 x 26,8 cm. Madrid, B.N. |
Vénus entraînant Cupidon au tir à l'art
Toile. 37 x 46 cm. (en moyenne) Stockholm, Nationalmuseum. |
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Sainte famille, saint Jean et l'agneau, un ange préparant la bouillie, 1651
Toile. 39 x 53,5 cm. Dijon, Musée des Beaux-Arts |
L'adoration des bergers Plume et encre brune, lavis gris. 10,6 x 14,7 cm. Coll. part. |
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Que je sache, aucune composition peinte de ce sujet n'a pu, à ce jour, être rapproché de sa proposition. Les études au lavis introduisent des variantes l'une pour la jeune femme déployant un collier pour la montrer à sa voisine assise au sol tout à droite, l'autre pour les dispositions des enfants. Les recherches m'en semblent plus abouties et efficaces dans la sanguine, en sorte que les autres feuilles doivent documenter une étape précédente. Le rapport avec les Jeux d'enfants me semble instructif à plus d'un titre. |
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Les deux enfants forment une innovation dans l'iconographie qui ne montre, d'ordinaire, que des jeunes femmes parmi lesquelles se cache le héros grec. Stella s'appuie sur deux des sujets donnés à son petit livre, dont l'un sans doute déjà gravé par Jean Couvay, montrant le Dada et, dans une composition centrée sur le Jeu des épingles, les Moulinets (ci-contre). Il en reprend même les attitudes, avec une légère adaptation accentuant la tension dansante. La proposition qui les isole auprès d'une des jeunes femmes au sol les orientait apparemment vers le centre de la composition, le coffre. Dans la sanguine, équipés, ils commentent l'objet de la ruse d'Ulysse ayant glissé des armes dans un coffre destiné aux filles du roi Lycomède pour identifier Achille. Au panel féminin, Stella adjoint des éléments enfantins, mais dont l'étude de son petit livre dédié atteste qu'ils s'insèrent dans l'éducation d'un jeune noble. |
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(2) Le dada, Jeux et plaisirs de l'Enfance Dessin détruit, autrefois Metz, Bibliothèque Municipale |
(6) Le jeu des espingles, Jeux et plaisirs de l'Enfance Dessin détruit, autrefois Metz, Bibliothèque Municipale |
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Un rayon de soleil venant de la droite pointe vers le centre et Achille, dont Ulysse, seul autre homme présent, vient de prendre le bras pour l'appeler à rejoindre la guerre contre Troie. Il associe frises, forme pyramidale et arabesque pour la circulation du regard, invinciblement attiré par la révélation de l'instinct guerrier, que ponctue la tension particulière saisissant les incarnations de la ruse et de la vaillance. Au thème de l'élection plaçant l'homme devant un destin potentiellement tragique vient s'ajouter celui de l'innocence par le thème de l'enfance, colorant décidément la vision de l'artiste d'une conscience de la vie particulière, sensible à une Providence favorisée par son appétit vital et, sur ce plan, fondamentalement différente de celle plus tragique de l'ami Poussin. S.K., Melun, janvier 2024 |
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La mise au tombeau, dessin |
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Sanguine (?), plume et encre brune et lavis d'encre de Chine verte, grise (?) et brune (?). 10,5 x 39 cm. Rijksmuseum, RP-T-1961-21.
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La feuille du Rijksmuseum est singulière à plus d'un titre. Son format tout en largeur suppose une contrainte de format qui peut renvoyer à une prédelle, opportunité devenue rare mais que l'oratoire d'Anne d'Autriche met pourtant encore en évidence au bénéfice du triomphe de Simon Vouet; à moins qu'il ne s'agisse, comme dans le même lieu, d'un élément de lambris, quoique le caractère jusque là unique dans l'œuvre de Stella le rende moins probable. On imaginerait alors qu'elle soit surmontée soit d'une Résurrection, soit d'une Assomption, d'autant que l'esquisse amstellodamoise met en évidence la Vierge éplorée.
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Le jugement de Pâris, 1650 Plume et encre brune, lavis d'indigo.. 19,2 x 26,8 cm. Madrid, B.N. |
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L'adoration des bergers Plume et encre brune, lavis gris. 10,6 x 14,7 cm. Coll. part. |
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Stella met ici en relation le corps dans l'abandon de la mort du Christ et celui défaillant de chagrin de sa mère tout en consacrant à chacun une moitié de la largeur de la feuille. Sur la gauche, Jean s'élance du tombeau au pied duquel se trouve une des Marie pour venir soutenir celle que Jésus, sur la croix, a désigné comme sa mère spirituelle, que soutient une troisième femme éplorée, s'essuyant des larmes. Un examen plus géométrique oblige à constater que l'oblique du corps pâmé de la Vierge répond non au corps de son fils mais à la pierre qui va venir fermer le tombeau - mais dont la Résurrection va triompher. Si entre les deux, l'agitation souligne la tragédie du moment, cette mise en correspondance, pour autant qu'elle soit effectivement associée avec un sujet triomphal dans un retable, ouvre une lecture plus confiante, propre à une méditation chrétienne aboutie. En l'absence du dispositif complet, il faut évidemment rester prudent mais il ne serait pas étonnant que Stella ait ainsi délivré semblable message d'espoir par un discours expressif associé à une mise en scène savante des symboles. S.K., Melun, janvier 2024 |
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Nativité, trois figures (en nocturne), peinture |
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Huile sur bois. 28 x 33,5 cm. |
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Ce panneau, par sa sobriété « à l'antique », son coloris, se place dans les dernières années de l'artiste. L'attitude noble, le canon étiré de la Vierge peut être rapproché du marbre noir de Dieppe. Celle naturelle de Joseph comme le détail vestimentaire trouve des correspondances dans le « dessin de genre » montrant plusieurs hommes accroupis, absorbés dans une occupation qui nous est cachée mais qui doit être ludique (ci-contre).
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Six hommes accroupis. Mine de plomb et lavis gris. 15,8 x 24,3 cm. Ancienne coll. Wolf. |
La Vierge adorant l'Enfant Huile sur marbre noir. 49 x 37,5 cm. Dieppe, château-musée |
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L'adoration des anges, 1635 Toile 142 x 199 cm. Lyon, Musée des Beaux-Arts |
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L'adoration des bergers Plume et encre brune, lavis gris. 10,6 x 14,7 cm. Coll. part. |
La nativité, 1639 Huile sur cuivre. 65,4 x 80,6 cm. Barnard Castle, The Bowes Museum (U.K.) |
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L'adoration des bergers, 1631 Plume et encre brune, lavis brun, rehauts blancs. 28,5 x 18 cm. Louvre |
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Dans la composition passée par la collection Bonaparte, l'effet de clair-obscur vient accentuer la diversité des réactions, soulignant ainsi l'expression des Passions, depuis la surprise jusque à l'humble adoration, et la reconnaissance de l'Enfant de la part d'une frange tout aussi humble de la population. Dans notre peinture, la lumière se fait l'intime lien qui réunit la Sainte Famille, laissant percevoir les animaux de la crèche, en particulier le bœuf réchauffant de son souffle l'Enfant dénudé. Simplicité et noblesse, naturalisme et drapé savant se combinent pour une évocation aussi directe que mesurée de l'acceptation de Marie et l'adoration de Joseph devant le geste de bénédiction, signe de la pleine conscience, déjà, de sa mission, quoiqu'il puisse lui en coûter. Une grande puissance se dégage ainsi d'un panneau au format pourtant modeste, propre à une peinture de dévotion, au coloris d'un grand raffinement, en particulier dans l'association des couleurs secondaires pour le père adoptif, violet, vert, et primaire pour la mère, rouge et bleu, symboles des degrés de compréhension subtilement révélés par la lumière, outil primordial du peintre. S.K., Melun, janvier 2024 |
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Le Christ retrouvé par ses parents au Temple, peinture |
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Huile sur toile. 88 x 71 cm. |
| Retouche, juin 2025 : Suite à certains ajustements du catalogue, la notice de ce tableau est désormais dans la section de la période qui précède. |
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La Vierge, l'Enfant Jésus accueillant le petit saint Jean présenté par sainte Élisabeth, peinture perdue, et gravure de Claudine Bouzonnet Stella
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Peinture perdue. Environ 32,5 x 49 cm.
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Cette estampe de grand format par Claudine pose quelques problèmes d'identification. Il est possible qu'elle traduise le n°18 de son inventaire, de format comparable mais le petit saint Jean est dit embrasser son cousin alors que la gravure montre l'enfant Jésus caressant son visage. Au demeurant, on ignore si l'image traduit une peinture ou un dessin puisque la graveure ne mentionne qu'une invention. De même, il faut noter que le catalogue de Mariette publié en 1996 mentionne également une estampe de Françoise d'après une invention à la description proche (« L'Enfant Jesus entre les bras de la Ste Vierge carressant le jeune st Jean qui luy est presenté par ste Elizabeth, gravé au burin par Françoise Stella d'après Jacques Stella »), cataloguée plus bas.
S.K., Melun, février 2025 |
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Le repos de la Sainte famille, 1652. Toile. 74 x 99 cm. Prado. |
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Gravure inversée. |
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Le mariage mystique de sainte Catherine, dessin (Harvard) et peinture (Paris, coll. part.) |
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1. Encre brune, lavis gris, gouache blanche, traces de crayon noir, cadre au crayon noir. 27,8 x 32 cm. |
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Pendant assez longtemps, le dessin a été rapproché du tableau de Norfolk (ci-contre), lequel porte une fausse signature l'attribuant à François Verdier depuis au moins le XIXè siècle, alors même que sa composition a été gravée par Claudine Bouzonnet Stella. Faire le point sur les ressemblances et les différences n'aboutirait pas nécessairement à mettre en évidence ce qui les rapproche. C'est en soulignant les variantes que j'ai suggéré en 1993, non sans réserve, que la feuille soit le fait d'une dessinatrice, la nièce plutôt que l'oncle, en remarquant une densité accrue pouvant éviter tout travail paysager et de perspective, domaines dans lesquels Claudine n'aura pas eu une formation accomplie.
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Le mariage mystique de sainte Catherine. Huile sur toile. 68,5 x 85 cm.. Norfolk (Usa), Chrysler Museum of Art |
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(Ci-contre) Claudine Bouzonnet Stella, Songe de saint Martin, 1666 Huile sur toile. 81 x 64 cm. Ermitage |
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Claudine Bouzonnet Stella, La naissance de la Vierge. Crayon noir, plume et lavis. 26,8 x 17,3 cm. Harvard Art Museums/Fogg Museum, Gift of Melvin R. Seiden. |
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On m'accordera d'être réservé sur la précision quant à situer un tableau que je ne connais que par une photographie de faible résolution, à la prise de vue moyenne. Le rapprochement avec le Repos pendant la fuite en Égypte du Prado, de 1652, et de la gravure qui précède, me semble, pour l'heure, le plus pertinent, raison pour laquelle il est ici catalogué. La typologie comme le coloris sont communs, et le canon, comparable, fait la différence avec le tableau de Norfolk mentionné plus haut, de même que l'absence d'angelots.
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Le repos de la Sainte famille, 1652. Toile. 74 x 99 cm. Prado. |
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S.K., Melun, juillet 2025 |
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La Vierge, l'Enfant Jésus caressant le petit saint Jean présenté par sainte Élisabeth, peinture perdue, et gravure de Françoise Bouzonnet Stella
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Peinture sur marbre noir perdue. Environ 32,5 x 49 cm.
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La composition gravée cette fois par Françoise propose une inspiration voisine de l'estampe de Claudine cataloguée plus haut. Si j'ai laissé planer un doute sur l'éventuel lien de cette dernière avec l'un des tableaux conservé dans l'inventaire de 1693-1697, la probabilité me semble plus grande de le voir traduit ici, selon la description. Il faut noter que l'aîné des nièces de Jacques prise assez haut le travail de sa cadette, à 100 livres la planche, la plus haute estimation pour celles d'après l'oncle, plus haute même que les siennes propres... qui ne sont surpassées que par celles d'après Poussin.
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Le repos de la Sainte famille, 1652. Toile. 74 x 99 cm. Prado. |
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Raphaël, Grande sainte famille Huile sur toile 207 x 140 cm. Louvre. |
Autoportrait avec sa mère Huile sur toile 65 x 55 cm. Vic-sur-Seille, musée, départemental George-de-La-Tour. |
Porrait de sa mère, Claudine de Masso, 1654 Dessin. 17 x 13,4 cm. Oxford, Ashmolean Museum (1863.49), bequeathed by Francis Douce, 1834. |
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On ne peut écarter l'ascendant de Raphaël, artiste révéré - Stella avait collectionné de ses dessins -, et notamment une peinture faisant partie des collections royales depuis François 1er, qu'il ne pouvait que connaître puisqu'elle doit être transportée de Fontainebleau au Louvre de son vivant : la Grande sainte famille, qui propose une Élisabeth au visage ridé triangulaire proche, sans parler de la coiffure. Pour autant, l'examen des types de vieille femme employés par Stella n'impose pas cette référence.
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Le miracle des cinq pains, 1652. Dessin. Détail. Milano, Gabinetto dei Disegni del Castello Sforzesco. |
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(Ci-contre) Sainte Famille, saint Élisabeth, saint Jean et l'agneau. Huile sur toile. 90 x 79,5 cm. Toulouse, Musée des Augustins. |
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Paysage au laboureur, 1655. Gouache. 23,4 x 32,5 cm. Ottawa, Musée des beaux-arts du Canada (42296). |
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Il ne fait pas de doute que Stella ait eu pour sa mère une vénération non moindre que pour son art. Le dessin de l'Ashmolean en témoigne, et plus encore le tableau de Vic-sur-Seille dans lequel il la présente du regard au spectateur. Il est probable que ces deux ouvrages aient pris place dans la sphère privée. Insérer son visage dans le tableau pour le Carmel autant que son autoportrait dans le retable de Provins aura pris son sens dans le fonctionnement, tout aussi familial, de l'atelier, comme une démonstration pour les neveux et nièces. Si la gravure inverse le sens de la composition, c'est Élisabeth-Claudine de Masso qui offre Jean aux caresses de Jésus; elle encore qui avait sans doute porté le panier de fruits au devant, que souligne la mention de Weigert en cataloguant l'estampe. Puisque le tableau semble être resté dans le fond d'atelier, la méditation fut sans doute toute personnelle, comme un hommage supplémentaire à sa mère dans le parcours quelle aura pu donner à son fils, reconnaissant. S.K., Melun, juillet 2025 |
| Les cinq sens, peinture. |
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Peinture. Huile sur toile. Env. 40,5 x 56,5 cm. Historique : Coll. Hacquin (François-Toussaint, restaurateur, 1756-1832); acquis par R. Papin (Duchesne l'aisné 1830), sa vente, 28-29 mars, 1873 (lot 84 : « Deux jeunes couples se reposent sur une terrasse près d'une fontaine; une jeune femme joue de la mandoline, près d'un jeune homme qui l'embrasse; la seconde cueille des fleurs, pendant que son amant prend des rafraîchissements qu'un page vient de lui offrir; derrière un mur, un vieillard les observe. »; 0,40 x 0,55 cm). Vente Sotheby du 15 janvier 1969, provenant de la coll. Sandwith (0,62 x 0,48?? « cercle »). Vente Christie's South Kensington Londres 26 mai 1987, n°200. Vente Versailles, Hôtel Rameau, 27 mai 1990 (lot 18, « entourage de Jacques Stella »). Vente Sotheby's Monte Carlo, 21 juin 1991, n°197; selon une indication à la Documentation des Peintures du Louvre, acquis par la galerie Bailly, et « Alfonsi SNC (aux bons soins de Sarti Antiques, Londres »). Localisation actuelle inconnue. Gravures. Lithographie par Mademoiselle Fromentin (?) (BnF) éditée par Feraud sur un dessin de ce dernier en 1825 (BnF, Est., Da 20b f°51). (ci-contre). Eau-forte au trait par Étienne-Achille Reveil (1800-1876) dans l'ouvrage de Duchesne (1830) Bibliographie : * Le constitutionnel. Journal du commerce, politique et littéraire, Paris, 10 novembre 1825, p. 3. * Duchesne l'aisné, Musée de peinture et de sculpture ou recueil des principaux tableaux, statues et bas-reliefs des collections publiques et particulières de l'Europe dessinés et gravés à l'eau-forte par Reveil, avec des notices descriptives et historiques par Duchesne l'Aisné, Paris, t. 9, 1830, p. 587. * Achille Réveil, Galerie des arts et de l'histoire : composée des tableaux et statues les plus remarquables des musées de l'Europe, et de sujets tirés de l'histoire de Napoléon., Paris, t. 8, 1836, p. 107. * Sylvain Kerspern, « Jacques Stella. Catalogue - Florence, œuvres datables de 1620-1621 (...) Concert nocturne », site dhistoire-et-dart.com, mise en ligne le 19 février 2014. * Sylvain Kerspern, « Jacques Stella. Catalogue - France, œuvres datées de 1655-1657 (...) Le Christ en croix, la Vierge, saint Jean, la Madeleine et des anges, 1657 », site dhistoire-et-dart.com, mise en ligne septembre 2021. Bibliographie additionnelle : Philippe Sellier, « Les tulipes et la peinture : vanités littéraires et humus augustinien », La Morale des moralistes, textes recueillis par Jean Dagens, Paris, Champion, 1999, p. 139-148. |
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Voilà une peinture atypique au regard de la réputation séculaire de Stella : une scène de genre à teneur moralisante, une touche d'érotisme sinon de sensualité, et malgré cela, sans signature, une attribution ferme lors de son apparition tardive. On peut soupçonner un historique linéaire, sans grand changement de propriétaire, préservant la tradition du nom du peintre jusqu'à la Révolution. C'est dans ce contexte de bouleversement qu'Hacquin, restaurateur et fils de restaurateur proche du pouvoir, aura eu l'opportunité d'acquérir le tableau.
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La nativité, 1650. Toile. 104 x 153 cm. Lyon, Musée des Beaux-Arts. |
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Concert nocturne. Crayon noir (?), plume et encre brune, lavis. 6,9 x 11 cm. Amsterdam, Rijksmuseum, Inv. RP-T-1974-57. |
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Notre tableau n'est pas à proprement parler un concert. Les personnages se sont installés auprès d'une fontaine au fond d'un jardin décoré de statues : on peut en apercevoir une à droite et plus loin, le palais dont il dépend. Chacun recherche son plaisir des sens. La jeune femme assise au sol, éventail en main gauche, hume le parfum de fleurs saisies par la droite. Le jeune homme qui entremêle ses jambes dans les siennes lève son verre pour boire, le regard perdu vers le haut. La luthiste est assise sur les genoux d'un jeune homme qui semble peu se préoccuper de musique en recherchant les lèvres de sa compagne. Le vieil homme que l'on aperçoit au-dessus du muret n'est manifestement pas invité au spectacle et l'index posé sur sa joue semble exprimer le doute ou l'expectative. Enfin le jeune serviteur a planté ses yeux dans les nôtres, alors qu'il focalise le point de fuite de la perspective. Chaque personnage, finalement, consomme le plaisir d'un sens en solitaire, non de concert. L'énumération amène au constat qu'aux cinq sens pourraient s'associer les trois âges, renchérissant sur le passage inévitable du temps conduisant à la mort et la fin des plaisirs. |
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Au fond, ce qui fait l'unité du tableau, par les moyens plastiques autant que par la recherche expressive, c'est le regard, celui du voyeur observant la scène, et celui du jeune serviteur qui, lui, semble nous observer. Il y aurait là comme une réponse possible à l'exclamation de Blaise Pascal dans ses Pensées : « Quelle vanité que la peinture, qui attire l'admiration par la ressemblance des choses dont on n'admire point les originaux ! ». Le philosophe pourrait s'être inspiré d'Aristote (« Nous prenons plaisir à contempler les images les plus exactes de choses dont la vue nous est pénible dans la réalité, comme les formes d'animaux les plus méprisés et des cadavres », Poétiques, 1448 b 10; éd. fr. 1692, p. 31, p. 498-499), soulignant que la peinture nous inciterait à admirer ce qui n'a rien d'admirable, voire qui serait repoussant. Boileau suit cette approche dans son Art poétique (1694, III, 1-4). Une autre piste consiste à y voir le commentaire de la lecture de l'ouvrage du Père Senault (L'homme criminel ou la corruption de la nature par le péché selon la doctrine de saint Augustin, 1644, 2è éd., 1647, p. 686), dont le passage mérite d'être cité :
Cette fois, c'est bien l'imitation, la mimésis qui est visée, conçue comme une ambition vaine car vouée à l'échec, et même coupable, condamnable. De quelque façon que l'on prenne la remarque, on perçoit bien que la peinture n'est pas en odeur de sainteté dans la société française, du moins dans certaines franges de celle-ci. S'il n'est pas du tout sûr que Stella ait pu avoir connaissance de ce qui nous apparaît aujourd'hui comme une appréciation remarquable de l'art de la part de Pascal, il ne fait pas de doute qu'il ait été en butte à ce type de commentaire. Dans l'extrait du Père Senault, les artistes mentionnés, Bassano et Caravage, ont particulièrement travaillé le clair-obscur, terme qu'il faudrait sans doute substituer à coloris. Ce n'est pas tant l'effet dramatique qu'ils en font qui peut être ici convoqué mais dans quelle mesure il peut servir à l'imitation. De fait, le travail de la lumière et sa restitution s'inscrit dans la pratique du coloris. Bientôt, Rubens et l'École de Venise (en particulier Titien) en seront désignés les champions dans une lutte doctrinale contre les partisans du dessin - Raphaël, Poussin, et Stella bien sûr. |
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Charles Le Brun, Le supplice de Mézence. Toile, détail. Coll. part. Exemple admirable d'un cadavre et d'un supplice horrifique. |
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Le Caravage, Le martyre de saint Mathieu, 1599-1601. Toile. 323 x 343 cm. Rome, église Saint-Louis-de-François . |
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Dans notre tableau comme dans quasi toute sa production, Stella n'a jamais cherché la pure imitation, le trompe-lœil. Très vite, il a souhaité mettre une distance dans ce qu'il faut bien identifier non comme une présentation à l'identique mais comme une représentation selon un point de vue faisant style. Pascal comme le père Senault, voire Boileau, à force de se nourrir d'une culture antique isssue tout autant d'Aristote que de Platon, passent à côté de cette dimension propre à l'art qui devraient leur permettre d'accéder à une réalité qu'ils ne veulent pas voir : la nécessité même de toute création artistique qui s'impose à l'humanité, et le rôle social qu'elle peut tenir. Le grand amour pour l'art de Stella célébré par Félibien n'écarte pas la dimension intellectuelle dans la restitution composée d'une image, bien au contraire. Ce tableau en témoigne en formant commentaire sur son art. |
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Certes, Stella propose des imitations - de fleurs, d'étoffes, d'arbres... - mais il le fait en mettant en scène tout un apparat propre à la création artistique : un bronze d'enfant nu servant de fontaine, des ornements peints sur les pilastres, une architecture, un jardin, un vase, registre dans lequel il va bientôt donner tout un album à graver à sa nièce Françoise. S'il s'agit de célébrer une vanité, elle s'attache bien plus à une sensualité déraisonnable exposée par la raison. Comment mieux l'exprimer que par l'insistance sur le regard que souligne son dispositif? Ainsi peut-il démontrer la part prise dans l'art, et singulièrement la peinture, dans l'intelligence du monde, comme une réponse, pinceau en main, à Pascal. S.K., Melun, juillet 2025 |
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L'enlèvement des Sabines, dessin (Lyon, Musée des Beaux-Arts) et peinture (Princeton, Art Museum of the Princeton University) |
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1. Plume et encre brune (sanguine?) sur tracé à la pierre noire, lavis gris, rehauts de gouache blanche, reprises à la plume et encre noire. 35,2 x 54,4 cm. |
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Bibliographie :
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Composition vantée par Félibien, l'Enlèvement des Sabines est la pièce par excellence à verser au dossier des relations entre Stella et Poussin. La signature grattée pour faire disparaître le nom du véritable auteur en est le premier indice. Un regard attentif et la pratique régulière des signatures, nombreuses, du Lyonnais permet d'en deviner quasi toutes les traces, selon la restitution donnée ci-contre. Malheureusement, il n'en va pas de même de la date, dont l'effacement ne doit être dû qu'au passage du temps. Pierre Rosenberg pensait voir pour dernier chiffre un 3. La photographie dont je dispose ne permet pas de trancher.
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| Restitution de partie de la signature en s'appuyant sur les traces perceptibles. | |
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| Huile sur toile. 116 x 164 cm. Princeton, Art Museum of the Princeton University |
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Pietro da Cortona, L'enlèvement des Sabines. Huile sur toile. 280 x 426 cm. Roma, Pinacoteca Capitolina. |
Nicolas Poussin, L'enlèvement des Sabines. Huile sur toile. 154,5 x 210 cm. Metropolitan Museum. |
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Nicolas Poussin, L'enlèvement des Sabines. Huile sur toile. 159 x 206 cm. Louvre. |
Jacques Stella, L'enlèvement des Sabines. Huile sur toile. 116 x 164 cm. Princeton, Art Museum of the Princeton University |
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Certes, je n'ai nullement l'intention de nier que Stella ait pu trouver dans la création de son ami quelque élément à reprendre, comme à Raphaël, Corrège, Rubens ou Vouet. Au demeurant, il suffit de faire une enquête sur l'interprétation du sujet pour constater que nos deux amis ont conçu des compositions plus proches entre elles que d'aucune autre version, mais ils ont aussi pu méditer l'exemple fameux et monumental de Pierre de Cortone (1627, Rome, Musée du Capitole). En effet, nos trois artistes tablent sur la mise en lumière d'un premier plan en frise résumant l'enjeu de la scène - les Romains enlevant des femmes des Sabins dans le contexte d'un traquenard déguisé en spectacle -, son ordonnateur, Romulus, n'apparaissant qu'au second plan, dans un cadre architectural antiquisant. Les deux Français ont opté pour un cadre architectural bien plus présent, et on pourrait percevoir, dans le passage d'une peinture à la suivante (les qautre reproduites ci-dessus), une progression tendant à exprimer le jeu implacable de l'influence. Alors pourquoi résister? |
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L'analyse approfondie de la composition amène les premiers bémols. L'évidence des groupements pyramidaux chez Cortone est reprise par Poussin dans la première version pour le duc de Créquy rapidement entrée dans les collections de Richelieu (aujourd'hui au Metropolitan Museum), avec une circulation toute en largeur, sans indication nette de perspective par les éléments d'architecture. Sa deuxième version, pour Omodei et aujourd'hui au Louvre, amplifie la construction à base de triangles en la diffusant au bénéfice d'un canon réduit des personnages. Ses architectures suggèrent une Rome jeune encore en construction, et posent un point de fuite au niveau du cheval blanc à gauche au-dessus de la vieille femme implorante, vers le premier tiers de la largeur, à partir de quoi se déploient les principaux mouvements de foule.
Stella, à son tour, reprend les figures pyramidales pour les groupes dominés par les cavaliers mais en les diluant largement par la note dominante des frises et l'introduction de formes circulaires dans lesquelles les mêmes cavaliers viennent s'inscrire. Loin de suivre à la lettre une idée de ses prédécesseurs, il choisit de rompre tout statisme insistant sur le caractère prédestiné de l'évènement pour introduire une dimension d'instabilité et d'incertitude, posant un tout autre regard sur la portée de l'évènement.
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Giambologna (1529-1608), L'enlèvement des Sabines, 1574-1580. Marbre. H. : 410 cm cm. Loggia dei Lanzi, Firenze. |
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Jacques Stella, L'enlèvement des Sabines. Huile sur toile, détail. Princeton, Art Museum of the Princeton University |
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Ces remarques formant réponses n'auraient pas émergé sans les arguments soutenant l'a priori d'un ascendant de Poussin sur Stella, peut-être soufflé par le parti général commun; mais celui-ci est-il l'apanage du Normand? Stella a, très tôt, fait du décor architectural un élément constitutif de sa création, et il figure parmi les peintres d'architectures en vue en Italie comme en France. L'un des premiers exemples témoignant de son ambition en la matière est sans doute le Jugement de Salomon de Vienne. En France, il faut citer le cas du Massacre des Innocents de Rouen et Birlinghoven. Il a fallu du temps pour que la grisaille normande finisse par convaincre, à l'image du tableau de Princeton dont la révélation, en 1982, dans le cadre de l'exposition organisée par Pierre Rosenberg, n'avait convaincu ni Anthony Blunt ni, dans un premier temps, Jacques Thuillier (comm. orale). Les deux peintures proposent elles aussi, dans le registre dramatique, ce qui organise d'autres sujets plus attendus parce que plus enjoués - David et Bethsabée, Le triomphe de David, Sainte Hélène faisant transporter la Vraie Croix... - encore fallait-il connaître ces derniers, redécouverts assez récemment.
Le point commun avec le tableau rouennais conduit à noter chez Poussin pour Créquy comme chez Stella la présence d'enfants des Sabines jonchant le sol ou tenus par ces dernières. Or une vente, en 1834, propose un Enlèvement des Sabines et un Massacre des Innocents attribués à Stella mis en pendant, association qui ne doit pas être si fréquente mais qui devait faire sens : les deux sujets ouvrent une ère historique dans l'adversité.
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Jacques Stella, Le massacre des Innocents. Huile sur toile en grisaille, 61 x 73 cm. Rouen, Musée des Beaux-Arts |
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Jacques Stella, Le massacre des Innocents. Huile sur toile, 128 x 176 cm. Sankt-Augustin, Birlinghoven Schloss |
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Jacques Stella, Pietà. Toile. 65 x 53 cm. Limoges, musée municipal de l'Évêché. |
Convoquer Poussin et ses modes tient peut-être à l'écart d'avec le style enjoué, mesuré qui a fait sa réputation - funeste, dois-je le rappeler. Lorsque j'ai choisi de présenter la Vierge tenant le corps mort de son fils pour illustrer la pensée religieuse au temps de Bossuet dans l'exposition de 2004 au musée de Meaux, c'est précisément cet écart qui a frappé Didier Rykner dans sa recension de la manifestation, sa puissance doloriste. Bien plus que l'influence lointaine et épistolaire de Poussin, le contexte politique instable, inquiétant, doit avoir infléchi l'approche jusque là heureuse et mesurée. La section consacrée à la Fronde ou cette page en témoignent abondamment, et les années qui vont suivre ne ramèneront pas la pleine tranquilité.
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Trois points viennent confirmer cette volonté de tenir sa composition. Il faut d'abord remarquer l'effacement de Romulus, qu'il ne précise pas à la plume et qui se distingue à peine dans le tableau. Il a disposé tout au long de la frise emmêlée des jalons chromatiques de rouge, de rose, de vert et de bleus, le jaune/orangé la ponctuant avec une grande régularité. Le Sabin cherchant à s'enfuir est à contre-courant du pas des chevaux qui remontent le sens de lecture et de la perspective pour exprimer plus nettement la contrainte et le piège. De ce tumulte émerge - ou entrent en lice, pourrait-on dire - nos trois vieillards commentant la scène, suggérant au spectateur le recul pour méditer la leçon d'histoire, puisque sans cet épisode rapporté par Tite-Live, Plutarque, Ovide et Virgile, Rome, à peine fondée par une population essentiellement composée de soldats, aurait couru à sa perte. Pour violente et agitée que soit sa peinture, Stella, une fois encore, impose cette mesure, ce souci de la percevoir par l'intelligence et la sensibilité plus encore que par l'émotion. S'il démontrait à nouveau, avec ce chef-d'œuvre, qu'il ne comptait pas se cantonner aux sujets plaisants, il ne souhaitait pas pour autant se départir de cette distance raisonnée qui a nourri autant son inspiration que son style, à la mesure de l'atticisme qu'il a contribué à mettre en place plus qu'aucun autre. S.K., Melun, juillet 2025 |
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L'adoration des Mages, peinture (Marché d'art en 1997) |
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Huile sur toile. 58 x 69 cm..
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L'adoration des Mages. Plume et lavis, encre de chine, 19,3 x 24,4 cm. Louvre |
Jérome David d'aprèsJacques Stella, L'adoration des Mages. Gravure, 23 x 16 cm. Madrid, Biblioteca Nacional Hispanica |
(V. Regnard?) d'après Jacques Stella, L'adoration des Mages. Gravure, 16,5 x 10 cm. BnF |
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Le tableau vendu en 1997 n'a pas d'historique ancien mais est indiscutable. Les mentions ne remontent guère au-delà du XIXè siècle, et aucune ne peut, avec certitude, être mise en rapport avec cette version en largeur. Il ne fait pas de doute que Stella aura eu plus d'une occasion de peindre le sujet. Sa première interprétation connue est le dessin du Louvre, dont la base de données du Cabinet des dessins est curieusement approximative, y voyant simplement une adoration de la Vierge et l'Enfant, alors que tout désigne le cortège des Mages, justifiant le format en largeur.
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Abraham Bosse d'aprèsJacques Stella, L'adoration des Mages. Gravure, 8,5 x 5,5 cm. BnF. |
Jacques Stella, L'adoration des Mages. Crayon noir, plume et encre brune, lavis gris et brun. 35,1 x 26,5 cm. Coll. part. |
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Nicolas Poussin, L'adoration des mages, 1633. Huile sur toile. 160 x 182 cm. Dresde, Gemäldegalerie . |
Cornelis Cort d'après Polidoro, La Nativité ou L'adoration des bergers, 1569. Gravure. Metropolitan Museum. |
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Sur une piste lancée par Mariette, j'ai pu retrouver une source employée par les Bouzonnet pour créer une image à graver par Antoinette préparant un ouvrage liturgique qui reste à retrouver, et qui représente une Adoration des Bergers : elles se sont servies d'une estampe de Cornelis Cort d'après Polidoro da Caravaggio (ci-dessus) qui devait figurer dans le fonds amassé par leur oncle. On y remarque le détail d'un berger en pareille posture, de dos, montrant la Sainte famille. La confrontation avec notre tableau comme avec la version de Poussin en fait une source commune, étant entendu qu'il est de notoriété publique que le Normand s'est clairement inspiré de l'exemple de l'Urbinate dans les Loges du Vatican (ci-contre) pour sa version du thème. On m'accordera que la référence à un modèle dont Stella disposait à volonté dans son fonds a plus de chances d'être ainsi employé que le souvenir d'une composition vue plus ou moins vingt ans plus tôt.
S.K., Melun, juillet 2025 |
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Raphaël (et atelier), L'adoration des mages. Fresque. Vatican, Loggia |
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Saint Pierre soignant sainte Agathe en prison, peinture (Marché d'art en 2020) |
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Huile sur toile. 40,5 x 57,5 cm ..
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Cette peinture apparaît juste avant la Révolution, non sans approximation (Stetta, Sainte Apolline), mais l'identification ne fait guère de doute. Le commentaire - «d'une touche fine » - doit souligner la facture très finie, caractéristique de l'artiste. Le collectionneur, mort en mars 1787, avait eu une carrière diplomatique en Italie où il a pu contracter le goût pour les arts, et s'était aussi consacré aux Lettres. De Stella, il avait acquis également quatre dessins de relevés de bas-reliefs antiques qui pourraient, pour trois d'entre eux, être aujourd'hui au Louvre (ci-contre).
La peinture a ensuite disparu pour resurgir plus de deux siècles plus tard, en Italie. L'acquisition par la Galerie Michel Descours a fait l'objet d'une recension par Didier Rykner (voir bibliographie) qui promettait de revenir sur le tableau mais, sauf erreur de ma part, elle est restée sans suite.
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Frises de putti à l'antique. Plume et lavis. Louvre, Inv. 32897-32899. |
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Saint Pierre soignant sainte Agathe en prison. Huile sur ardoise. 24,5 x 31,5 cm.. Localisation actuelle inconnue. |
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Adam Bolswert d'après Rubens, Sainte famille et sainte Anne Gravure. 42 x 33,1 cm. British Museum |
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La comparaison de ses deux versions montre un écart chronologique certain que la différence de support n'explique pas seule. Ce qui était élégance précieuse, raffinée, sensible dans les formes comme dans le coloris sur ardoise, vers 1635, est devenu, sur toile, puissance héroïque. Les types de personnages en témoignent particulièrement, et on peut en rapprocher, pour saint Pierre, l'un des hommes poussant un bloc d'un des « dessins de genre » aujourd'hui au Metropolitatn Museum, généralement datés des années 1650. J'y souscris d'autant plus que j'y vois, pour la plupart de ces feuilles, un soin propre à la formation des Bouzonnet.
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Cinq hommes poussant un bloc. Pierre noire, plume et lavis d'encre noire. 16,5 x 25,4 cm. Metropolitan Museum |
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Giovanni Lanfranco. Saint Pierre soignant sainte Agathe en prison Toile, 100 x 132 cm. Parma, Galleria Nazionale |
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Parmi les détails utiles à la comparaison, on peut relever la trousse de barbier-chirurgien bien en évidence dans notre tableau. Est-ce à mettre en rapport avec la santé chancelante de l'artiste, qui perturbe la pratique de la peinture en grand format à partir de 1654 et du retable de Provins? C'est assurément un nouveau témoignage du souci de l'artiste d'installer ses représentations dans le quotidien du spectateur : plus que soulager les souffrances, comme dans l'ardoise, Pierre soigne Agathe. |
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J'ai déjà signalé une autre différence : Stella isole chacun de ses personnages dans son rôle, évitant toute interaction visuelle. La tête basculée vers l'arrière de la martyre, les yeux perdus vers le ciel, doit rappeler qu'il ne saurait s'agir d'une scène historique, puisqu'elle vit au début du IIIè siècle, deux cents ans après son soigneur. Nous sommes devant un songe auquel elle participe selon sa gestuelle. L'ardoise manifestait un semblant de pudeur, notre toile y renonce pour exprimer, dans sa crudité, la violence subie, retrouvant, consciemment ou non, le modèle de Lanfranco. Non pas comme mais autant que Poussin, Stella pratique l'art comme cosa mentale, s'appuyant sur la gestuelle expressive et les moyens plastiques pour exprimer jusqu'aux chimères - ce que Pascal ne semblait pas vouloir prendre en compte. Dans ce registre propre au goût classique, Stella fait ici une nouvelle démonstration magistrale jusque dans la finesse du pinceau. S.K., Melun, juillet 2025 |
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La dernière communion de la Madeleine, peinture perdue, et gravure de Gilles Rousselet
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Peinture perdue.
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La gravure de Rousselet a été rapprochée par Bénédicte Gady et Moana Weil-Curiel (2006) d'une peinture ayant figuré dans l'inventaire du chanoine Guillaume Thomas, chanoine de l'église Saint-Honoré à Paris dressé à partir du 19 mai 1670. Aucune autre mention connue n'y correspond. Le cas du Massacre des Innocents de Le Brun montre son implication dans les arts dès la fin des années 1640, avant même d'avoir obtenu en survivance le canonicat de Saint-Honoré, en 1651. L'analyse de sa fortune à sa mort par nos deux historiens d'art semble dessiner l'image d'un homme dévoré par sa passion pour l'art, qui représente une part substantielle de ses biens. Aurait-il commandé à Stella le tableau qu'il conservait à sa mort? L'a-t-il acquis dans la succession du peintre ou de ses héritiers? On ne peut manquer de remarquer que la Madeleine est la sainte patronne de la sœur du peintre, et la mère des Bouzonnet qui meurt en octobre 1662.
S.K., Melun, juillet 2025 |
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Saint Pierre soignant sainte Agathe en prison, Huile sur toile. 40,5 x 57,5 cm. Marché d'art en 2020. |
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Le Christ retrouvé par ses parents dans le Temple, 1654 Huile sur toile. Détail. Provins, église Saint-Ayoul. |
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Claudine Bouzonnet Stella d'apès Lubin Baugin, La dernière communion de la Madeleine Gravure. 21,5 x 15,5 cm. BnF. |
Le Christ apparaissant à sainte Thérèse Toile. 270 x 220 cm. Carmel de Metz. |
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1. Tarquin et Lucrèce, peinture (Marché d'art parisien en 1989-1993) 2. Joseph et la femme de Putiphar, peinture (perdue) |
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1. Huile sur toile. 73 x 98 cm.
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D'une association de deux sujets, l'un profane (Tarquin et Lucrèce), l'autre biblique (Joseph et la femme de Putiphar) suggérée par l'inventaire en 1693 de Claudine, qui les mentionne l'un après l'autre en soulignant l'identité de format, seul le premier a reparu presque trois siècles plus tard. L'épisode montrant la femme de l'officier de Pharaon voyant ses avances à son esclave hébreux refusées avait déjà été traité par Stella en 1631 (ci-contre), à Rome, mis en pendant alors avec un autre moment biblique de lubricité, cette fois masculine, Suzanne et les Vieillards. Comme nombre d'ouvrages du Lyonnais figurant dans l'inventaire de sa nièce, ces pendants appartiennent aux dernières années. Le rapprochement avec La dernière communion de la Madeleine ou le rubénisme dans l'impact du clair-obscur déjà remarqué vont dans ce sens. |
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Joseph et la femme de Putiphar, 1631. Huile sur marbre jaspé. 25 x 35,5 cm. Coll. David Rust (USA). |
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Gilles Rousselet d'après Jacques Stella, La dernière communion de la Madeleine Gravure. Détail. British Museum. |
Paul Pontius (?) d'après Rubens, Vieille femme et jeune homme à la chandelle Gravure. 24,8 x 20 cm. British Museum |
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Giorgio Ghisi (1520-1582) d'après Giulio Romano (c. 1499-1546), Tarquin et Lucrèce. Gravure. 21,4 x 32,5 cm. British Museum. |
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Un autre modèle est révélé par la mise en regard (ci-dessus) avec la version de Giulio Romano connue par la gravure de Ghisi, qui reprend la composition peinte à Mantoue en 1536 en appuyant le clair-obscur. Le biais de l'estampe est à peu près assuré, Stella renchérissant sur l'effet. On ne peut oublier le contexte, la formation des Bouzonnet, et il aura pu saisir l'occasion de montrer comment exploiter le fonds de dessins et de gravure qu'il allait leur léguer. Cela aura influé sur son style, et contribué, avec le regard renouvelé sur Rubens, à lui conférer une puissance nouvelle et une typologie moins idéalisée.
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Giulio Romano avait opté pour une frise butant sur le lit, en perspective contraire, et Lucrèce. Son empoignade est un véritable combat, la menace est dans l'épée en direction du compagnon à la torche, possible témoin de l'accusation. Stella, lui, dispose le lit bien plus en travers, dynamisant l'avancée des agresseurs dont la taille se resserre progressivement en deux courbes successives jusqu'à la tête effrayée de la jeune femme. Tarquin porte la main à son épée pour anéantir toute résistance. Son visage dans l'ombre, le drame s'exprime par les deux visages fermant, à chaque bout, la circulation du regard. Sa puissance implacable est encore soutenue par un langage spectaculaire, une facture large dans les drapés, finie dans les carnations, qui contribue à faire de cette peinture un chef-d'œuvre formant décidément écart avec la réputation du peintre. |
| S.K., Melun, juillet 2025 |
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Noli me tangere/ Le Christ apparaissant à la Madeleine, dessin (Harvard) |
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Pierre noire, lavis brun, traces de sanguine et rehauts de gouache. 23 x 25,2 cm. Signature (?) au bas : J. Stella fecit 165(3?8??)
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(Ci-contre) Jacques Stella, Le Christ et la Samaritaine. Toile. 335 x 224 cm. Paris, Notre-Dame de Bercy. |
Je dois ici assumer ma part de responsabilité quant aux doutes sur la paternité (ou maternité, comme nous allons le voir) de cette feuille. En 1965 puis en 1972, elle était donnée sans réserve à Jacques Stella. En essayant de reconstituer la figure artistique du neveu, Antoine, c'est, assez naturellement, chez l'oncle que j'ai pensé trouver de ses ouvrages. Certaines intuitions, fermement exposées en 1989, se sont confirmées - ainsi je suis toujours convaincu qu'il soit l'auteur du dessin de la Purification de la Vierge du Louvre (ci-contre), épaulé par d'autres feuilles au même style allusif, dans laquel le lavis forme volontiers contour, et à la typologie plus poussinesque que tributaire de l'oncle.
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Antoine Bouzonnet Stella, La purification de la Vierge. Plume et lavis d'encre brune. 19 x 17 cm. Louvre, Cabinet des Dessins, Inv. 32901, Recto. |
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Claudine Bouzonnet Stella, L'entrée du Christ à Jérusalem. Plume et lavis d'encre grise, rehauts de blanc, aquarelle. 21,6 x 29,5 cm. Louvre, Cabinet des Dessins, Inv. 25037, Recto. |
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Gilles Rousselet d'après Jacques Stella, La dernière communion de la Madeleine Gravure. Détail. British Museum. |
Détail du Sépulcre avec les anges du dessin de Harvard. | |
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S.K., Melun, juillet 2023 |
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La Vierge, l'Enfant, saint Jean, l'agneau et un ange, peinture (marché d'art autrichien en 2020-2025) |
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Huile sur toile. 41 x 32 cm.
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L'invention de la composition ne fait aucun doute. Elle dérive de celle gravée par Jérémias Falck lors de son séjour parisien (1639-1645) et dédié à Sublet de Noyers. L'exemplaire peint du musée des Beaux-Arts de Lyon est généralement considéré comme sa source, même si, selon la note de Sylvain Laveissière en 2006, la documentation de Gilles Chomer (que je n'ai toujours pas consultée) renferme la reproduction couleurs d'un autre exemplaire plus étroitement en rapport sur certains détails, mais insuffisamment référencée. S.K., Melun, août 2025 |
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La Vierge à l'Enfant, saint Jean et l'agneau, dite aussi Madone Sublet. Gravure de Jérémias Falck (v. 1610-1677). 40 x 28,7 cm. BnF, Albertina, British Museum... |
Françoise Bouzonnet Stella d'après Jacques Stella La Vierge à l'Enfant, sainte Élisabeth, saint Jean et l'agneau. Gravure. Ca. 52 x 41 cm. Albertina. |
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La Vierge à l'Enfant, saint Jean et l'agneau, dite aussi Madone Sublet. Huile sur bois. 54,3 x 40,5 cm. Lyon, Musée des Beaux-Arts. |
Version de Dunedin Public Art Gallery (New Zealand). Cuivre. 30,9 x 23,9 cm. |
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Suzanne et les vieillards, peinture (Bowes Museum, Barnard Castle) |
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Huile sur toile. 71,2 x 96,2 cm.
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Gilles Rousselet d'après Jacques Stella, La dernière communion de la Madeleine Gravure. Détail. British Museum. |
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Tarquin et Lucrèce. Toile. 73 x 98 cm. Localisation actuelle inconnue |
Le tableau du Bowes Museum était donné à Stella par Joseph Bowes. On a cru pouvoir en douter - ce n'était pas le cas de Gilles Chomer, qui l'a fait savoir au musée dans un courrier du 16 juillet 1985 - mais le rapprochement avec Tarquin et Lucrèce et la gravure de Rousselet de La dernière communion de la Madeleine, entre autres, vient l'étayer sans discussion, en le plaçant vers la même période. Il faut notamment souligner la typologie des personnages et le canon allongé et puissant de la jeune femme, sorte d'ingrisme avant l'heure.
S.K., Melun, juillet 2025 |
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Suzanne et les vieillards, 1631. Huile sur marbre jaspé. 25 x 35,5 cm. Coll. David Rust (USA). |
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Dieu appparaissant au père Charles de Condren, dessin perdu, et gravure de Jean Boulanger
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Dessin perdu.
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La gravure de Jean Boulanger d'après Stella a servi de frontispice à La vie du Père Charles de Condren composée par Denis Amelote, dans sa deuxième édition au format In-8° chez Sébastien Huré. La précédente, In-4° et de 1643, avait été ornée, en lieu et place, d'une estampe inventée et gravée par Grégoire Huret (ci-contre). Le privilège ayant expiré, Amelote aura donc sollicité nos deux artistes pour une nouvelle gravure, vers le temps où il demande au peintre une invention que Nicolas de Poilly et Pierre Le Doyen traduiront pour un autre ouvrage en deux formats différents, La vie de sœur Marie-Marguerite du Saint-Sacrement. |
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Grégoire Huret, frontispice de La vie du père Charles de Condre, éd. 1643 chez Henri Sara et Jean Paslé, In-4°. Gravure. 20 x 14,3 cm. British Museum. |
Nicolas Poilly d'après Jacques Stella, Frontispice pour La vie de sœur Marie-Marguerite du Saint-Sacrement, 1654 Gravure. 17,5 x 11,5 cm. Lyon, B.M. |
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Le Christ apparaissant à sainte Thérèse Toile. 270 x 220 cm. Carmel de Metz. |
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D'une image à l'autre, le titre de l'ouvrage a disparu, l'inscription se limitant à l'identification de Condren, que Stella n'a pas cherché à caractériser autant qu'Huret. Il pourrait ainsi avoir fait écho aux premiers mots de l'approbation de l'archevêque de Bourges en 1642 : «Je crains que le corps du livre n'en démente l'inscription, faisant voir un homme plus mort que vif au monde présent : car s'il y a eu quelque vie en lui, ç'a été plutôt la vie de Jésus Christ que celle du Pere de Condren ». L'élan général de la composition redouble celui donné à l'existence racontée du général de l'Oratoire. Formellemnt comme dans l'esprit, on peut aussi faire le lien avec le tableau montrant Le Christ couronnant sainte Thérèse du Carmel de Metz, notamment par l'espèce de contrainte sensible dans le mouvement du Christ exprimé par le drapé. Pour mineures que peuvent sembler ces images pour l'édition dessinées alors par Stella, elles témoignent aussi tardivement d'une ambition toujours vivace pour le livre, écho à celle pour l'Imprimerie Royale, faisant du frontispice tout à la fois une porte au texte qui lui fait suite et un véritable tableau limitant le recours au texte, transporté dans les pages suivantes. S.K., Melun, juillet 2025 |
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Le Christ couronnant sainte Thérèse, peinture (Carmel de Plappeville) |
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Huile sur toile. 270 x 220 cm.
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La peinture du Carmel lorrain a été repérée par Hubert Duchemin, qui l'a correctement attribuée à Jacques Stella (comm. Facebook, octobre 2019). Elle a été restaurée en 2018 par Delphine Dollez qui m'en a fourni des reproductions, et je l'en remercie. Le sujet et les lieux qu'il a décorés selon les informations données par l'article de Karim Siari (2018) situent avec vraisemblance la destination première au Carmel de Metz, fondé en 1623, sous les auspices du Cardinal de Bérulle. G. Thiriot (1925), en décrivant le couvent, signale une chapelle Sainte-Thérèse à droite du chœur. Le même auteur dit les peintures de la première église faites par Mère Catherine de Jésus-Marie, née Catherine de Labelle, et commencées en 1674. C'est sans doute la source de l'information reprise dans l'article de Karim Siari donnant pour autrice de notre toile une sœur du couvent élève de Le Brun. Elles furent replacées dans l'église reconstruite vers 1710, et notre toile suivit sans doute le même chemin, mais pas nécessairement au même endroit. Malheureusement, la description qu'il fait du couvent à partir de différents documents sans préciser à quel moment ils prennent place ne permet pas d'identification formelle à son propos.
S.K., Melun, juillet 2025 |
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Le Christ et le paralytique et Jésus et la Samaritaine. Toiles. Pontoise, cathédrale Saint-Maclou (provenant du Carmel de Pontoise) |
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Le Christ et la Samaritaine, 1652 Toile. 335 x 224 cm. Paris, église N.D. de Bercy. |
Nicolas Poilly d'après Jacques Stella, Frontispice pour La vie de sœur Marie-Marguerite du Saint-Sacrement, 1654 Gravure. 17,5 x 11,5 cm. Lyon, B.M. |
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La mort de saint Joseph, peinture (Grenoble) |
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Huile sur toile. 66 x 82 cm.
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Grâce au Getty Provenance Index, on peut faire remonter un peu plus haut l'historique du tableau, jusqu'ici cantonné au XIXè siècle. Il semble que les deux décennies encadrant la Révolution aient constitué une parenthèse parisienne et londonienne dans un contexte fondamentalement lyonnais, avant son entrée au musée de Grenoble. L'éventualité d'une peinture restée dans l'atelier et passée dans la famille de Masso avant l'inventaire de Claudine n'est pas impossible mais il faut aussi rappeler que Stella se rendait régulièrement à Lyon jusqu'en 1653-1654, comme doit en témoigner le retable de Bellecour. |
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Le Christ servie par les anges au désert Huile sur toile. 84,6 x 115 cm. Portland Art Museum (USA). |
Gilles Rousselet d'après Jacques Stella, La dernière communion de la Madeleine Gravure. Détail. British Museum. |
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(Ci-dessus) Saint Pierre soignant sainte Agathe en prison, Huile sur toile. 40,5 x 57,5 cm. Marché d'art en 2020. (Ci-contre) |
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Nicolas Poussin, La mort de Germanicus, 1627 Huile sur toile. 147,9 x 198,1 cm. Minneapolis Institute of Art (USA). |
Nicolas Poussin, L'extrême onction Cassiano dal Pozzo Huile sur toile. 95,5 x 121 cm. Cambridge, The Fitzwilliam Museum (UK). |
Nicolas Poussin, Le Christ servie par les anges au désert Huile sur toile. 84,6 x 115 cm. Portland Art Museum (USA). |
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L'art de Poussin est beaucoup mieux connu que celui de Stella, et plus encore que la culture du Lyonnais. Voilà ce qui entre en jeu dans la funeste mise en regard de l'art des deux amis. La Mort de saint Joseph redécouverte récemment après deux brêves réapparitions au moment de la Révolution puis en 1865 - mais à Lyon, assez discrètement -, ne bénéficie évidemment pas de la notoriété de La mort de Germanicus et des Sept sacrements dal Pozzo ou Chantelou, ni même de la Lamentation de Dublin (ci-dessus). Son émergence, associée au discours faisant de Stella l'ami et disciple de Poussin, conduit de manière traditionnelle au rapprochement avec lesdites œuvres du Normand, par le choix d'une disposition en parallèle au plan de la toile, le décor dépouillé pour les deux scènes en intérieur, ou la figure de la Vierge pour la troisième.
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Nicolas Poussin, Le testament d'Eudamidas Toile.64 x 97 x 16 cm. Copenhagen, Statens Museum. |
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Art Romain, vers 160/170, Sarcophage avec la mort de Méléagre Borghese Marbre sculpté. 64 x 97 x 16 cm. Louvre. |
Marcantonio d'après Raphaël Pietà Gravure. 31 x 22,4 cm. British Museum. |
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Tous ces commentaires tournent autour du tableau; il est temps d'y entrer. La perspective, par son point de fuite, aussi bien que le geste de la main droite de Joseph, désignent la profession du mourant, charpentier, et son atelier visible tout à droite. La même zone montre au premier plan une table avec nappe blanche sur laquelle sont posés une fiole, un couteau, une assiette et un plat sur lequel on voit une grenade. Le fruit peut marquer le dernier repas de Joseph mais symbolise aussi selon les Pères de l'Église, comme l'a noté Gilles Chomer (2000), la chrétienté, les grains réunis dans l'enveloppe évoquant les fidèles réunis dans l'institution, selon la compilation de Piero Valeriano (1477-1558), Hieroglyphica (éd. fr., Lyon, 1615, p. 725). Ripa en fait aussi, à la suite, le fruit de la Conversation (Iconologie, éd. fr. Paris, p.44) ayant «pour fondement l'union et l'amitié mutuelle », de la Concorde (p. 39), de l'Académie (p. 5) ou de la Démocratie (p. 93). Le jus rouge de grenade peut aussi, évidemment, évoquer le sang des martyres. L'associer au dispositif et au geste de Joseph rappelle encore la croix de bois qui attend Jésus.
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Sainte famille dans l'atelier de saint Joseph, dit Le petit ménage, Huile sur toile. 36,5 x 46,5 cm. Coll. part. (en 1993-1995) |
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Il ne s'agit pas d'en faire des pendants, le format l'interdit, mais d'attirer l'attention sur un sujet qui n'est pas si fréquent, et que Stella renouvelle profondément selon ses propres préoccupations et inventions. Lui aussi évoque la figure du père. Or le contexte de sa création est tout familial. On ne peut nier l'importance de cette dimension pour Stella, qui a auprès de lui depuis 1643 sa mère et sa sœur Françoise, et depuis quelques années son neveu Antoine et ses nièces Claudine et Françoise; qui, en 1654, prend soin de dessiner les traits de sa mère à 80 ans - et, me semble-t-il, les glisse même dans certaines peintures -; qui va bientôt négocier pour sa famille la transmission du logement du Louvre auprès du roi. C'est dans ce contexte qu'il peint les derniers moments d'une figure paternelle. Or nous savons que Stella perdit le sien alors que, marchant déjà sur ses traces, il n'avait que 9 ans. L'information donnée par Félibien dût, une fois de plus, passer par les Bouzonnet qui l'auront recueillie précisément dans ces années.
S.K., Melun, août 2025 |
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Jeune femme tenant un plat de fleurs, peinture |
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Huile sur bois. 13,4 x 10,4 cm.
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Cette charmante peinture sur bois n'a fait que passer sur le marché d'art, sans vraiement déchainer les enchères. Il ne fait pourtant aucun doute qu'il s'agisse d'un ouvrage de Jacques Stella, caractéristique par le drapé, le coloris comme par le type physique de la jeune femme. On pourrait se demander s'il ne s'agit pas d'une des nièces de l'artiste qu'il aurait ainsi insérée dans une sorte de portrait travesti, à la façon de la mention du portrait en Pallas de Julie d'Angennes dans le Cabinet de Scudéry, cette jeune femme pouvant correspondre à quelque vestale apportant des fleurs à une cérémonie antique. Cependant, ses traits réguliers correspondent aux types idéaux de l'artiste, comparable, par exemple, à l'ange portant Dieu le père dans le retable de Provins (ci-contre), confirmant une situation tardive suggérée par le drapé complexe, aux plis forts et raides, épais. S.K., Melun, août 2025 |
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Claudine Bouzonnet Stella, Portrait d'Antoinette Bouzonnet Stella Dessin. 30,8 x 21,8 cm. Carnavalet. |
Dieu le père, retable de Provins, 1654 Toile. 205 x 155 cm. Provins, église Saint-Ayoul. |
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Vierge adorante et Christ sauveur en regard, peintures (et gravure de Nicolas de Poilly) |
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1. Peintures. Huiles sur marbre. 23 x 17 cm.
Musée de Port Royal de Magny-les-Hameaux 2. Gravure.
- Virgo adoranda. par Nicolas de Poilly (1627-1696). 33,6 x 26,9 cm. |
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Ces deux pendants témoignent d'une pratique assez courante de l'artiste, puisque plusieurs exemples s'en trouvent dans l'inventaire testamentaire de Claudine, en 1693-1697, les qualifiant de regard. Pour autant, aucune de ces mentions ne peuvent correspondre. Le support de marbre noir n'est pas moins attendu de sa part et, comme l'a noté Didier Rykner, accentue le faire porcelainé propre au fini que Stella recherchait volontiers dans sa facture. L'aspect presque satiné associé à la rondeur des contours est tardive et peut être notamment mis en regard, comme ci-contre, du retable de Bellecour, aujourd'hui dans l'église Saint-Symphorien-de-Montreuil, à Versailles, désormais datable de 1653-1654 (ci-contre), qui montre aussi un drapé comparable, d'une fausse mollesse qui l'éloigne des modèles classiques de Raphaël ou de l'antique et pourrait à nouveau dériver du regard sur Rubens.
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(ci-contre)
Apparition de la Vierge à ste Élisabeth de Hongrie, 1653-1654 Toile. Détail Versailles, église Saint-Symphorien de Montreuil. |
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1. Le Christ - 2. La Vierge en pied, regard, 1647 Huiles sur bois. Env. 31 x 21 cm 1. Paris, coll. part. - 2. En dernier lieu, vente Artcurial Paris 27 mars 2025, lot 258. |
Le Christ Huile sur bois. 43 x 34 cm. Marché d'art en 2013-2014. |
Le Christ Salvator Mundi Huile sur cuivre. Coll. Part. |
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Il semble que cette mise en regard d'une Vierge en adoration de son Fils sauveur du monde soit un motif particulièrement développé dans les dernières années, quand bien même un premier exemple en existe dès Rome. En 1647, Stella avait repris le principe d'une présentation en pied. On peut supposer qu'il en existe une version à peu près contemporaine en buste, associant au Christ passé sur le marché d'art en 2013-2014 une Vierge vers laquelle porte son regard, mais il faut noter que Jésus n'y est pas présenté avec le globe du Salvator Mundi. Dans les années 1650, il aura privilégié ce parti rapproché. Un autre regard existe en effet pour cette période. Il est certainement plus tardif puisqu'au dos du Christ se trouve un Enfant Jésus retrouvé par ses parents reprenant le retable de Provins, peint en 1654.
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1. Le Christ - 2. La Vierge, regard Huiles sur cuivres. 15,5 x 10 cm Courtesy Galerie Coatalem. |
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S.K., Melun, août 2025 |
| Catalogue Jacques Stella : Ensemble ; Dernières grandes commandes, mosaïque - Table Stella - Table générale |
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